2010 Novembre

Thorium metallicum: un magicien souffrant d'insuffisance rénale

de Maarten van de Meer

explosionC., un homme d’une soixantaine d’années, vient en consultation pour insuffisance rénale à la suite d’une greffe de rein, après un an de dialyse. Une biopsie a révélé des symptômes de rejet deux ans après l’intervention, ce qui est plus long que la période normale. Il est sous une dose de maintien de prednisone et se plaint d’effets secondaires: amincissement de la peau, hypertension (18/10), œdème des chevilles et céphalées. Il se sent aussi nerveux et tendu.

Il y a plusieurs années, il voulait quitter la ville et aller vivre à la campagne, pour s’éloigner de l’agitation et du vacarme des grandes villes. Il se sent peu à l’aise dans le monde du commerce, de la consommation et de la bureaucratie. Il travaille dans les services sociaux et est préoccupé par l’écologie et l’environnement.

« Les gratte-papiers m’irritent énormément, les valeurs humaines reçoivent trop peu d’attention. » Sa maladie l’a rendu incertain: « Je n’arrive pas à me débarrasser de mes vieilles angoisses, elles me suivent. Il y a toujours comme un nuage noir autour de moi, comme si je ne pouvais oublier mon rein. J’essaye de vivre au jour le jour, conscient que ma vie pourrait s’arrêter à tout moment. J’ai une bonne intuition des choses. Je suis quelqu’un qui veut toujours être maître de sa propre vie. » Bien entendu, il a fait une recherche complète sur tout ce qui concerne sa maladie. Il choisit ses traitements avec soin mais n’est pas complètement autonome; il doute de ses choix et me téléphone pour un deuxième avis.

C. est un homme sympathique qui ne suit pas les chemins battus. Il est en recherche d’une idéologie ou philosophie comme chemin de vie mais il a du mal à faire des choix; il garde toutes ses options ouvertes. Quelques années auparavant, je l’aperçus marchant dans la rue, son long manteau noir flottant au vent, et le mot le décrivant parfaitement qui me vint alors à l’esprit, fut le mot de « magicien ».

Dans le passé, Causticum, prescrit en partie à cause de son aversion pour les autorités et ses réactions extrêmes aux souffrances d’autrui, eut de bons résultats. Après la greffe, on lui prescrivit un traitement de Prednisone et son énergie s’améliora. Un an plus tard, cependant, des signes de rejet étant encore présents, je lui prescrivis Erbium Carbonicum. Je le revois un an plus tard, il est fatigué, avec une sensation de pression sur la poitrine, de l’œdème aux chevilles et des troubles gastriques. Il prend un « cocktail » de médicaments - cozar, selokene, prednisolon, nexium, lasilix, prograft, et mycofortic – qui pourrait indiquer que ses plaintes sont en partie d’origine iatrogénique.

MonaziteAnalyse:

Prenant comme prémisse que les maladies dégénératives peuvent être en elles-mêmes une indication pour la prescription d’un Actinide, je décidai de rechercher dans cette série un remède approprié pour ce patient. Les thèmes de Margriet Plouvier-Sjuis pour les Actinides semblent lui convenir: tendance à la réflexion, altruisme, compassion et intuition. La situation dans laquelle il se trouve: « le temps lui est compté », une vie de reclus et vivre sans intervenir activement, semble aussi convenir aux Actinides. Parallèlement, il a une vue d’ensemble et un certain recul. Son cynisme et son opposition indiquent un sel Nitricum.

Ayant peu d’informations sur ces remèdes, que ce soit en expérimentation ou en expérience clinique, nous avons à nous reposer sur la méthode de Jan Scholten pour trouver le groupe correct. Nous pouvons observer avec ce patient une certaine prudence, des doutes, et de l’indécision. Sa convalescence se déroulait bien mais à un certain moment, stagna, comme si le corps lui-même était incertain. Dans la pratique clinicienne, attitude et comportement sont souvent des sources d’informations fiables sur le fonctionnement du système végétatif. Le groupe 4, comme Cerium dans les Lanthanides, est connu pour son approche prudente; il commence et puis s’immobilise.

Prescription: Thorium nitricum 1M

Suivi:

Un an plus tard, sa tension est bonne, 13/6, avec l’aide d’hypertenseurs. Il se sent bien, n’a plus de maux de têtes, de douleurs de poitrine ou d’œdème aux chevilles.

Il revient au bout d’un an pour une infection abdominale due à un problème d’hygiène, qui est soulagé par la phytothérapie. Il est en bonne forme malgré quelques effets secondaires de son traitement; les médicaments lui donnent quelques soucis intestinaux. Les biopsies sont négatives et il peut réduire ses médicaments anti-rejet.

Photos: Wikimedia Commons
Geschwollener menschlicher Fuß; Mattes
Monazite - tabular crystal, Rostadheia, Iveland, Norway; Aangelo

Catégories: Cas
Mots clés: insuffisance rénale, le temps lui est compté, prudence, doute, incertitude, commencer/arrêter
Remèdes: Thorium metallicum

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