2010 Septembre

Phaseolus vulgaris: fatiguée et en colère

de Jan Scholten

A., jeune femme de 26 ans souffrant de fatigue chronique depuis cinq ans. Lorsqu’elle va vraiment mal, elle peut rester alitée jusqu’à quatre jours par semaine. Tout la dépasse et elle n’a aucune énergie. Elle souffre aussi de bronchite asthmatiforme; elle a le souffle court en montant les escaliers, accompagné d’une douleur sternale. Ses difficultés respiratoires s’accentuent par temps brumeux, chaud et humide, le premier jour de ses règles et le matin entre huit et dix heures. Elles s’améliorent lorsqu’elle étire ses épaules vers l’arrière.

allergic conjunctivitisElle est allergique à certains cosmétiques, certains produits chimiques de nettoyage, aux vapeurs de peinture, épices, orme, hêtre et haricots. Les allergies sont plus importantes en février et mars, marquées par une irritation et une rougeur des yeux avec une sensation de sable dans les yeux, douleur oculaire et une douleur pressante à la base du nez. Durant ces épisodes allergiques, elle peut être très agitée, ayant tendance à casser des objets et à se tordre les doigts. Tout a débuté il y a cinq ans, quand elle a commencé à travailler dans un magasin de vêtements.

Le premier jour de ses règles, elle a aussi des vertiges et des troubles de vision; profondeur de champ compromise. Elle est maladroite et trébuche facilement, particulièrement en montant les escaliers. Les objets qu’elle tient lui échappent des mains et elle se cogne aux meubles. Elle a la sensation de flotter et que sa tête est comme dans un sac. L’ophtalmologiste n’a observé aucune anomalie et le port de lunettes n’améliore pas la situation. Le neurologiste a effectué une ponction lombaire et un examen oculaire mais n’a trouvé, lui non plus, aucune anomalie.

L’allergie aux nettoyants de peinture affecte aussi sa peau qui devient rouge et irritée, particulièrement le dos des mains, le devant des genoux, l’extérieur des coudes et le devant des oreilles. La peau des mains peut devenir très épaisse, comme si elle avait plusieurs couches.

Huit ou neuf fois par an, elle a une « grippe » qui dure une semaine. Sa gorge est douloureuse, rouge et irritée. Elle se sent malade, faible, fatiguée et a de la fièvre – autour de 38?C.

Antécédents familiaux: le père a le rhume des foins, sa sœur est aussi allergique aux vapeurs de peinture et sa mère est atteinte d’une sclérose en plaques qui a débuté lorsque la patiente avait deux ans. L’année de ses treize ans, sa mère a dû utiliser une chaise roulante.

Antécédents personnels: enfant, elle était somnambule et cela lui plaisait. A quinze ans, elle a eu des problèmes d’hyperventilation, avec souffle court et fatigue, mais sans anxiété ni panique. La première crise eut lieu en classe pendant une leçon de maths; elle tomba simplement de sa chaise. Tout lui parut irréel: « Je n’étais plus là, ça m’est juste tombé dessus. » Son entourage s’attendait à quelque chose de semblable à cause des problèmes causés par la maladie de sa mère. A la même époque, elle avait un petit ami dont la mère, elle aussi, était atteinte de sclérose en plaques. L’atmosphère à la maison n’était pas facile. Elle était très têtue et souvent fâchée, ce qui l’amena à faire une psychothérapie. Elle quitta la maison et vécu six mois chez une tante puis chez sa sœur aînée. A cause de sa maladie, sa mère était tres exigeante et A. sentait qu’elle ne pouvait pas donner ce que sa mère lui demandait. Elle se sentait impuissante, pensant: « Je ne suis ni kiné, ni docteur, ni magicienne. » A. pense que ses problèmes n’ont rien à voir avec la maladie de sa mère. Cette suggestion la met en colère: « chacun est responsable de lui-même. » 

De manière générale, A. est en colère et exprime son mécontentement facilement. Même de petites choses peuvent la rendre rageuse; elle « pourrait tuer un chat passant juste devant elle, à coups de pied. »  Avoir peu de temps pour faire quelque chose la met très en colère; son visage s’empourpre et elle sent la rage monter de ses mains, poitrine et gorge, jusqu’à la tête. Les gens qui ne viennent pas à leur rendez-vous la mettent aussi très en colère. Astrologiquement parlant, elle apparaît comme un vrai scorpion. Elle aime aider les autres à travailler ensemble. Elle aime son métier, professeur d’anglais, et elle aime travailler avec les enfants.

Généralités: Temps: mains et pieds glacés, aggravés par temps humide et lorsque le temps tourne à la pluie.

Temps: aggravation entre 8 et 10 heures, amélioration en automne.

Désirs: viande, fromage, légumes, fruits: melon, mangue.

Aversions: pois, haricots.

Règles: irrégulières, entre 3 et 6 semaines, ce qui n’est pas un problème pour elle.

Sommeil: bon, dort sur le ventre.

Rêves: actifs et drôles; comme sauter d’une montagne en parachute ou actrice dans un film. Enfant, elle rêvait de promenade dans les bois avec sa famille, une sorcière apparaissait et les mangeait tous.

Analyse Phaseolus vulgaris
A. vint me voir en 1993 et je ne pouvais voir aucune image claire de remède. A cause de son aversion prononcée pour les petits pois et les haricots, je lui prescrit Phaseolus 1M. A ce moment là, je n’avais aucune autre confirmation pour ma prescription. Le raisonnement suivi peut être trouvé dans le contraire de la loi de similitude: « pour une image inconnue, prescris un remède inconnu. »  Plus tard, j’ai appris que de nombreux symptômes de cette patiente appartiennent à la famille des Leguminosae (Fabaceae), comme vous pouvez le constater ci-dessous.

Suivi
A. revient après six semaines et me dit que, en général, tout va plus mal. Elle a été fiévreuse pendant plusieurs semaines, elle a une toux sèche, des douleurs musculaires dans les cuisses et de l’eczéma sur le côté du nez. Par contre, le vertige a pratiquement disparu et elle ne se tord plus les doigts. Elle se sent plus tranquille, moins pressée et a plus d’énergie. Bien que son énergie ait toujours fluctué, elle s’étonne maintenant lorsqu’elle a peu d’énergie certains jours. Je répète Phaseolus vulgaris 1M et graduellement, son état s’améliore de plus en plus. Le remède est répété sept fois au cours de l’année qui suit. Après six mois, les allergies ont presque disparu et les douleurs musculaires deviennent épisodiques. Plus tard dans l’année, de l’eczéma apparaît, en premier sous les yeux, puis aux coins de la bouche et aux épaules. L’eczéma est aggravé par le soleil, la chaleur et entre 8 et 10 heures. Durant les cinq années suivantes, le remède est à nouveau répété sept fois lorsque des problèmes mineurs apparaissent, un épisode de fatigue, par exemple. Plus tard, la fatigue devient « normale, comme chez tout le monde » et à ce jour, son état de santé est bon.  

Photos: www.wikipedia.org
allergic conjunctivitis
Phaseolus vulgaris

 

 

Catégories: Cas
Mots clés: fatigue chronique, allergies, colère, vertiges, impuissance
Remèdes: Phaseolus vulgaris

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