Premier cas
Une femme d’une trentaine d’années vient
consulter pour migraines chroniques, dont l’intensité continue à empirer. Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans
qu’elle n’ait une migraine sévère. Elle se force à aller travailler malgré la
douleur qui souvent la fait vomir. Quand elle se présente à la consultation,
elle est dans un état de souffrance aiguë; je propose de lui installer un
matelas sur lequel elle puisse s’allonger, au lieu de la harceler de questions.
Elle paraît entrer dans une sorte de transe et murmure avec une toute petite
voix: « Ils arrivent ». Lorsque je lui demande
« qui ? », elle me répond:
« les hommes avec des bottes noires. » Quand elle est en état de
parler, elle me raconte que cette image la hante de temps en temps: avoir à se cacher dans l’obscurité, pendant que des « gens dangereux »la
cherchent. Son visage rougi par la migraine, sa
petite voix (même lorsqu’elle va bien), ses antécédents familiaux lors de la
deuxième guerre mondiale en Hollande, et son déplorable passé avec un frère aux
comportements sadiques me font penser à
Melilotus qui possède la rubrique: « parle en chuchotant » (avec l’idée d’être en
sécurité en restant anonyme). Sa situation ressemble à celle d’une personne
qui doit se cacher, tendue et silencieuse, pour éviter d’être emportée, comme les Juifs durant la guerre. Elle reçut
plusieurs doses de Melilotus et lors du suivi, me dit que non seulement ses migraines avaient
disparu mais aussi que sa capacité de se faire entendre s’était améliorée. Une
envie importante pour les aliments sucrés, qu’elle n’avait pas mentionnée précédemment, a aussi disparu.
Deuxième cas
Un adolescent vient en consultation pour
fatigue chronique et une incapacité à se concentrer qui l’affecte depuis
longtemps mais qui s’est aggravée après une mononucléose. Bien qu’il soit
intelligent et désire apprendre, il peut à peine finir son travail scolaire et
se couche souvent dès qu’il a fini de dîner. Il est pâle, maigre, voûté et
épuisé. Il vient d’une famille d’origine juive
et paraît porter toute l’histoire juive sur ses
épaules. Les remèdes typiques de la post-mononucléose, Carcinocinum, Gelsemium
et Baptisia, n’ont eu aucun effet. Prenant son
aversion pour les petits pois en considération, je cherche un remède dans la
famille Fabaceae. Ce n’est pas avant qu’un état aigu n’apparaisse,
cependant, que le remède approprié devient évident; le
sujet développe une névralgie faciale gauche, qui répond très vite à
Indigo, un des rares Fabaceae présentant cette affection. Après le remède, son
énergie s’améliore, tout comme sa concentration. « Le brouillard s’est
levé » me dit-il. Il est maintenant parmi les derniers dans la famille à
aller se coucher.
Photos: Wikipedia.org
Melilotus officinalis
Indigofera tinctoria
Catégories: Cas
Mots clés: migraines, fatigue chronique, problèmes de concentration, névralgie faciale gauche, parler en son propre nom
Remèdes: Indigo tinctoria, Melilotus officinalis
Voir version anglaise sur interhomeopathy.org
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