2010 Septembre

Melilotus et Indigo: deux cas rapides

de Deborah Collins

Premier cas

melilotusUne femme d’une trentaine d’années vient consulter pour migraines chroniques, dont l’intensité continue à empirer. Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans qu’elle n’ait une migraine sévère. Elle se force à aller travailler malgré la douleur qui souvent la fait vomir. Quand elle se présente à la consultation, elle est dans un état de souffrance aiguë; je propose de lui installer un matelas sur lequel elle puisse s’allonger, au lieu de la harceler de questions. Elle paraît entrer dans une sorte de transe et murmure avec une toute petite voix: « Ils arrivent ». Lorsque je lui demande « qui ? », elle me répond: « les hommes avec des bottes noires. » Quand elle est en état de parler, elle me raconte que cette image la hante de temps en temps: avoir à se cacher dans l’obscurité, pendant que des « gens dangereux »la cherchent. Son visage rougi par la migraine, sa petite voix (même lorsqu’elle va bien), ses antécédents familiaux lors de la deuxième guerre mondiale en Hollande, et son déplorable passé avec un frère aux comportements sadiques me font penser à Melilotus qui possède la rubrique: « parle en chuchotant » (avec l’idée d’être en sécurité en restant anonyme). Sa situation ressemble à celle d’une personne  qui doit se cacher, tendue et silencieuse, pour éviter d’être emportée, comme les Juifs durant la guerre. Elle reçut plusieurs doses de Melilotus et lors du suivi, me dit que non seulement ses migraines avaient disparu mais aussi que sa capacité de se faire entendre s’était améliorée. Une envie importante pour les aliments sucrés, qu’elle n’avait pas mentionnée précédemment, a aussi disparu.

Deuxième cas
Indigofera tinctoria
Un adolescent vient en consultation pour fatigue chronique et une incapacité à se concentrer qui l’affecte depuis longtemps mais qui s’est aggravée après une mononucléose. Bien qu’il soit intelligent et désire apprendre, il peut à peine finir son travail scolaire et se couche souvent dès qu’il a fini de dîner. Il est pâle, maigre, voûté et épuisé. Il vient d’une famille d’origine juive et paraît porter toute l’histoire juive sur ses épaules. Les remèdes typiques de la post-mononucléose, Carcinocinum, Gelsemium et Baptisia, n’ont eu aucun effet. Prenant son aversion pour les petits pois en considération, je cherche un remède dans la famille Fabaceae. Ce n’est pas avant qu’un état aigu n’apparaisse, cependant, que le remède approprié devient évident; le sujet développe une névralgie faciale gauche, qui répond très vite à Indigo, un des rares Fabaceae présentant cette affection. Après le remède, son énergie s’améliore, tout comme sa concentration. « Le brouillard s’est levé » me dit-il. Il est maintenant parmi les derniers dans la famille à aller se coucher.

Photos: Wikipedia.org
Melilotus officinalis
Indigofera tinctoria

Catégories: Cas
Mots clés: migraines, fatigue chronique, problèmes de concentration, névralgie faciale gauche, parler en son propre nom
Remèdes: Indigo tinctoria, Melilotus officinalis

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