2011 Juillet/Août

L'approche homéopathique de Hahnemann en psychiatrie

de Manish Panchal

Lors de mon internat à l’hôpital homéopathique de Mumbai, Inde, en 1993, je vis en consultation un homme âgé d’une quarantaine d’années, qui avait été rejeté par sa famille à cause des ses fréquentes hospitalisations. Sa famille étant fatiguée de lui et de sa maladie, il passait plusieurs mois hospitalisé, à chaque admission. Il avait reçu plusieurs remèdes, prescrits par les internes de passage et c’était maintenant mon tour. J’étudiai donc son cas sérieusement et me préparai à la possibilité d’une crise aigue.

Mr A. souffrait de trois conditions sérieuses:

- Bronchiectasie: toux sévère avec essoufflement

- Epilepsie

- Maladie mentale: épisodes maniques violents avec décuplement de la force physique, confusion verbale et agressivité envers autrui

Ces trois conditions ne se produisaient jamais en même temps mais se suivaient; après une sévère attaque de bronchiectasie, A. faisait une crise d’épilepsie puis devenait extrêmement violent.

Ici, nous sommes donc confrontés à un cas présentant trois maladies dissemblables. Comme elles sont dissemblables, elles ne peuvent ni s’éliminer ni se guérir l’une l’autre (Ref: Organon 6th edition, aphorisms 36, 38 and 40).

Un épisode de violence manique :

Un jour que je finissais mes consultations, je reçus un appel urgent car A. était devenu très violent et frappait un patient âgé, allongé dans le lit voisin du sien. Le vieil homme avait des problèmes cardiaques importants et il était, avec sa famille, terrorisé par cette violence. A. était agité, parlant continuellement, souvent très fort mais de manière incompréhensible. Son dossier stipulait que dans de telles situations Stramonium était prescrit, ce qui semblait un choix logique vu la situation. Je me heurtais cependant à une difficulté importante car A. interdisait à quiconque de l’approcher, rendant la prise du remède impossible; même avec l’aide de l’équipe soignante, A. ne pouvait être maîtrisé et nous durent abandonner nos efforts. Comme son attitude violente et ses cris dérangeaient les autres patients, je commençais à argumenter avec A. le réprimandant et lui reprochant son comportement. J’essayais de lui faire entendre raison et de lui expliquer la nécessité de prendre le remède. Cela, bien sûr, était tout à fait stupide, car c’était à moi de comprendre et non l’inverse! Au milieu de ce chaos, je me souvins subitement du régime auxiliaire prescrit par Hahnemann sur la conduite à adopter avec de tels patients (aphorisme 22).

organonVoici quelques uns de ses conseils:

- Le physicien doit toujours prétendre de croire que le patient est en possession de toutes ses facultés.
- Pas de punition corporelle, pas de reproches pour la destruction d’objets, seulement prévenir en retirant les objets à portée du patient.
- Répondre au délire verbal par un silence attentif.
- Répondre aux actes répréhensibles et à une conduite exécrable par un désintéressement complet.

Après avoir lu ces lignes, je décidais de suivre les conseils prodigués par Hahnemann, pour le bénéfice de ce patient, en particulier, mais aussi de tous les patients de ce service.

- J’arrêtai immédiatement d’argumenter avec A. et de lui adresser des reproches sur son comportement.
- Je demandai le transfert des autres patients dans un autre service, évitant ainsi les risques de blessures et de dommages matériels.
- Je demandai à l’équipe soignante de ne pas répondre à ses provocations mais de rester malgré tout attentive. 

Compte tenu des circonstances, ces quelques directives étaient tout ce que nous pouvions faire pour aider ce patient. Il ne lui prit que peu de temps pour se calmer. Quelques heures plus tard, les autres patients revinrent dans le service.

Malheureusement, malgré tous nos efforts, nous ne pûmes trouver le(s) remède(s) pour arrêter ce cycle de conditions dissemblables. Cette expérience, cependant, m’a semblé essentielle à partager car elle nous rappelle combien il est important de connaître et d’appliquer les conseils de Hahnemann.       

 

Catégories: Cas
Mots clés: maladies dissemblables, bronchioectasie, épilepsie, maladie mentale
Remèdes: Stramonium

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Posts: 1
Comment
Re:
Reply #1 on : Mon July 18, 2011, 02:18:31
QU'EST-IL ADVENU DE CE PATIENT, EST-IL ENCORE À L'HÔPITAL ? EST-IL GUÉRI ? SI OUI QU'EST-CE QUI L'A GUÉRIT ?
MERCI
CAROLE

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