2011 Septembre

Lanthanides: les homéopathes comme patients

de Jan Scholten

know thyselfIl y a une dizaine d’années, je commençais à faire des expériences avec les Lanthanides. Il me fallut cinq ans pour développer un profil des Lanthanides suffisamment élaboré pour pouvoir envisager leur publication dans le livre L’Odyssée des Lanthanides[i]. Depuis lors, les expériences se sont multipliées et de nombreux cas ont été publiés, comme par exemple dans ce journal.

Les Lanthanides ont pris une part tellement importante dans la pratique homéopathique que je me demande souvent comment nous avons pu nous passer d’eux dans le passé. En fait, nous ne pouvons plus nous passer d’eux car ils sont essentiellement différents de tous les autres éléments du tableau périodique. Au début, je les utilisais dans les cas réfractaires à tout autre traitement, aujourd’hui je les prescris souvent comme premier remède de choix.

Mis à part leur rôle irremplaçable, la beauté de leurs profils les rend très attrayants. On pourrait dire que les Lanthanides nous ramènent à nous-mêmes, en tant qu’homéopathes. La qualité de réflexion des Lanthanides est souvent observée dans la pratique homéopathique.

Dans cet article, je vais me pencher sur le profil des Lanthanides en général et leur connexion avec les homéopathes en particulier, car les qualités requises pour devenir un homéopathe se retrouvent dans le profil des Lanthanides.

Servir
La motivation première pour devenir un homéopathe est le désir d’aider les autres. Les homéopathes veulent que les autres aillent mieux, qu’ils soient en bonne santé et heureux. En d’autres mots, cette qualité exprime le désir de servir l’humanité. Ce n’est pas le désir de servir telle ou telle personne mais bien le désir de servir en général, et même de vouloir rendre l’humanité meilleure. Cet aspect est très marqué dans la série Or, à laquelle les Lanthanides appartiennent.

Comprendre
Une deuxième motivation est le désir de comprendre ce qu’est la santé et la maladie. Les homéopathes veulent se comprendre eux-mêmes ; leur corps, leur psyché et leur âme. En observant maladies et guérisons chez leurs patients, ils apprennent à comprendre ce qu’il se passe en eux-mêmes. Cette compréhension n’est pas simplement rationnelle, elle est aussi pratique et émotionnelle.

Aversion des médecins
Les homéopathes ont souvent une aversion envers la médecine conventionnelle. Cette aversion est connue dans certains remèdes, Arnica, par exemple. Dans Arnica, nous trouvons le symptôme « déclare qu’il va très bien, renvoie le médecin. » C’est une attitude typique des Lanthanides. La famille des Asteraceae, à laquelle Arnica appartient, contient une proportion importante de Lanthanides et possède dans leur profil celui des Lanthanides. Une grande motivation pour devenir homéopathe est de pouvoir se traiter soi-même et ainsi de n’être plus dépendant de la médecine conventionnelle.

Liberté
Cette aversion envers la médecine conventionnelle est fortement liée à une aversion à être contrôlé. Les homéopathes, comme les Lanthanides, veulent être leur propre patron, ils veulent décider par eux-mêmes et ne pas être dominés, et c’est exactement ce que fait la médecine conventionnelle, elle vous domine ; elle vous fait ingurgiter médicaments sur médicaments, vous injecte, vous vaccine, et dans les pires des cas, vous endort pour vous opérer. La volonté propre des patients est complètement niée. Cette tendance à la domination peut être observée chez les médecins eux-mêmes qui souvent se comportent comme s’ils savaient ce dont le patient a besoin ; ils ont tendance à décider pour le patient au lieu de le conseiller.  

Pour les Lanthanides, la liberté est un concept primordial qui peut être exprimé de différentes manières ; ils veulent faire les choses à « leur » manière, vivre « leur » vie, suivre « leur » chemin. Bien sûr, cela s’exprime aussi dans la négation : ils ne veulent pas être dominés, contrôlés, commandés ou limités par les autres.

meditationLe monde intérieur
Un autre facteur contribuant à cette attitude est le fait que les homéopathes possèdent une certaine connaissance de leur monde intérieur. Ils ont une compréhension intuitive que la maladie vient de l’intérieur, ce qui contraste avec la médecine conventionnelle qui considère les causes des maladies comme étant extérieures, et qui se bat donc contre bactéries, virus, etc. Si l’on considère, cependant, que la cause est intérieure, ce combat contre des causes externes est non seulement inutile, mais aussi nuisible. Il y a donc un conflit philosophique entre les deux approches.

Secret
Un autre important aspect est celui du secret, qui est lié au thème précédent du monde intérieur. Le monde intérieur est un monde secret. Depuis les temps anciens, les groupes qui mettent l’accent sur le monde intérieur et essayent de l’approfondir sont perçus comme des sociétés secrètes ; rosicruciens, francs-maçons, etc. Le mouvement homéopathique dans son ensemble n’est pas une société secrète, mais il est en marge de la société. Il ne fait pas partie des courants majoritaires et est souvent complètement incompris, ce qui lui donne ce caractère secret. Dans certains pays, l’homéopathie a été interdite et l’est toujours, la forçant à être clandestine.

Philosophie
Nous pouvons observer chez les homéopathes un fort désir pour la philosophie, qui est aussi un aspect important des Lanthanides et qui est lié au désir de comprendre. Cette compréhension n’est pas seulement technique, elle est en relation avec la compréhension de soi, du monde, de l’univers et de l’essence elle-même. Elle va au plus profond de l’Être et désire comprendre ce dont la vie est faite, son origine et son devenir.

Profondeur
Il y a un fort désir de comprendre, non d’une manière superficielle mais profonde. C’est la profondeur que nous trouvons dans la spiritualité et la philosophie. Elle ne concerne pas les formes superficielles de religion, elle est plutôt vécue comme une expérience spirituelle de la vie. C’est un aspect assez commun chez les homéopathes et il est intégral aux Lanthanides. Les patients ayant besoin d’un Lanthanide emploient souvent le mot
« profond » ; leurs douleurs et leurs expériences sont profondes.

Post-scriptum
Si nous regardons le développement des Lanthanides ces dix dernières années, nous pouvons observer une expansion incroyable de notre connaissance et du nombre de cas traités. J’éprouve une immense reconnaissance envers ces remèdes qui sont maintenant disponibles pour ma pratique. Il y a tant de cas dans lesquels les Lanthanides ont apporté une guérison et sans lesquels je n’aurais pas pu faire grand-chose !

Il y a une sorte de beauté aléatoire dans les profils des Lanthanides. Ils sont souvent si proches de l’état intérieur de ceux qui ont choisi d’être homéopathes. Lorsque j’ai débuté, nous parlions souvent entre nous de ce paradoxe : nous avions un franc succès avec nos patients, et des résultats médiocres dès qu’il s’agissait de nous traiter nous-mêmes ; nous plaisantions, disant que les homéopathes étaient incurables ! Les Lanthanides ont changé cette situation, il est maintenant possible de faire beaucoup mieux pour les homéopathes eux-mêmes. C’est un peu comme si l’homéopathie retournait le compliment à ceux qui la pratiquent. 

Photos: Wikimedia Commons
Gnothi seauton (Connais toi, toi-même); Mladifilozof
Falun Dafa, fifth exercise; source: http://www.flickr.com/photos/14871980@N05/2482099283/in/set-72157605013738654  

 

 

 

[i] L’Odyssée des Lanthanides est en cours de traduction. L'ouvrage devrait être publié au printemps 2012, par les Editions Narayana

Catégories: Théorie
Mots clés: Lanthanides, homéopathes
Remèdes:

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